8 November, 2017

Journée d’action contre le discours de haine antisémite 9 – 10 novembre 2017

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9 am

 

FB coverLe discours de haine antisémite[1] met en péril les fondements des droits de l’homme et constitue une menace directe pour la démocratie en Europe, ont constaté les participants au séminaire sur la lutte contre le discours de haine antisémite organisé en mai 2017. Ils ont conclu que pour témoigner de notre solidarité, le seul moyen est de renforcer l’éducation aux droits de l’homme, de dénoncer la négation de l’Holocauste, de mener des actions de sensibilisation et de mettre en œuvre de manière effective la législation anti-discrimination.

Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, s’appuyant sur les conclusions d’une enquête chiffrée de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne publiée en octobre 2015, déclare que l’antisémitisme demeure un problème qui suscite de graves préoccupations et exige des réponses politiques décisives et ciblées. Internet et l’explosion des discours de haine en ligne n’ont fait qu’exacerber un problème existant.

Les manifestations contemporaines d’antisémitisme ne se limitent pas aux crimes violents et aux discours de haine. L’antisémitisme contemporain tourne aussi autour de l’Holocauste, d’aucuns accusant les Juifs d’en être à l’origine ou suggérant qu’ils se focalisent sur cette tragédie pour en tirer profit. C’est la raison pour laquelle la mémoire et l’enseignement de l’Holocauste sont un impératif pour les droits de l’homme.

L’antisémitisme reste présent dans de nombreux États membres, comme le confirme la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) dans son rapport annuel de 2016. L’ECRI relève que dans certains pays, lorsqu’ils évoquent les difficultés sociales et économiques, des responsables de toutes les tendances politiques tiennent des propos antisémites qui viennent aggraver les problèmes existants. Les condamnations publiques de ce type de discours sont rares.

Ces tendances, exprimées à travers le discours de haine antisémite et d’autres formes de propos haineux, menacent les droits de l’homme ainsi que les valeurs et institutions démocratiques. Les partenaires du Mouvement contre le discours de haine ont recensé de nombreux exemples de théories de la conspiration et de mythes au sujet de l’influence juive qui s’exercerait sur les affaires mondiales, invoqués par le mouvement populiste xénophobe lorsqu’il critique les institutions établies, les entreprises de médias et les organismes caritatifs engagés dans la lutte contre la discrimination et la défense des droits de l’homme. Les projets ‘Get the Trolls Out’ et ‘Facing Facts’ lancés par MDI et le CEJI proposent quelques exemples et outils permettant de détruire ces mythes. Au final, l’antisémitisme nuit à la construction de sociétés inclusives fondées sur les droits de l’homme et la compréhension de la diversité.

Le discours de haine antisémite a également un impact direct sur les personnes juives qui vivent en Europe.

Dans son rapport annuel de 2016, l’ECRI déclare que les attaques contre des personnes portant la kippa ou d’autres symboles visibles de l’appartenance à la communauté juive restent un problème très préoccupant. L’antisémitisme s’est également manifesté par des actes de vandalisme visant des institutions et des monuments juifs – dégradation de synagogues et profanation de tombes, par exemple. L’ECRI met en garde contre l’augmentation du nombre d’agressions antisémites qui a doublé en 2014 par rapport à l’année précédente, et a continué de croître depuis lors.

Chacun peut et doit combattre l’antisémitisme et le discours de haine antisémite en ligne et/ou hors ligne et devrait pour se faire :

  • Se montrer critique et apprendre à reconnaître les fausses déclarations et à y réagir en présentant des données provenant de sources fiables ;
  • Pointer et signaler tout comportement ou discours de haine antisémite ;
  • Organiser des événements au plan local, en coopération avec d’autres ;
  • Profiter des journées d’action pour promouvoir les droits de l’homme, lutter contre le discours de haine et proposer un discours alternatif.

Cette Journée d’action dénonce le discours de haine antisémite et défend les droits de l’homme et la diversité culturelle. Elle suit une approche en deux étapes.

Actions prévues le 9 novembre[2] :

Sensibiliser à la persistance des propos antisémites, notamment dans les discours xénophobes, populistes et extrémistes, et souligner les dangers qu’ils représentent pour les droits de l’homme et les valeurs démocratiques ainsi que leur impact direct sur les personnes et les institutions qui les défendent.

Actions prévues le 10 novembre :

Exprimer sa solidarité et montrer tous ensemble la force de la diversité culturelle et des droits de l’homme.

Participez à la journée d’action en mettant en œuvre une ou plusieurs des actions recommandées.

 

 

[1] L’antisémitisme peut être défini comme « une perception des Juifs qui s’exprime sous la forme d’une haine à leur encontre. Les manifestations verbales et physiques d’antisémitisme sont dirigées contre des personnes juives – ou non juives – et/ou contre leurs biens, contre des institutions de la communauté juive, ainsi que contre ses lieux de culte », définition de travail de l’antisémitisme, adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

[2] Le 9 novembre commémore la « Kristallnacht », alias « Nuit de cristal » ou « Pogrom de novembre », qui est également considérée par certains historiens comme le signe marquant le début de l’Holocauste. Cette nuit de 1938 a été le théâtre de la destruction organisée à Munich de milliers d’appartements et de commerces appartenant à des Juifs, ainsi que du passage à tabac et meurtre de personnes de cette communauté. Au cours de la Nuit de cristal, Goebbels a ordonné l’organisation de « manifestations de protestation spontanées » contre les citoyens juifs de Munich. Cet ordre était le reflet d’un plan préétabli visant à détruire des habitations et commerces de Juifs. La police locale avait pour mission de ne pas faire obstacle aux troupes d’émeutiers et un maximum de Juifs devait être arrêté dans l’optique de leur déportation dans des camps de concentration. L’expression « Nuit de cristal » fait référence aux débris de verre encombrant les trottoirs devant les nombreuses vitrines de magasins qui ont volé en éclats.

 


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