16 February, 2017

Journée d’action contre le discours de haine sexiste 8 mars 2017

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Category: European Action Day @fr, News on the action day @fr
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AD CSHS SmallLa Journée internationale de lutte pour les droits des femmes (8 mars) rend hommage aux réalisations des femmes sur les plans social, économique, politique et culturel. Cette célébration se veut aussi être un appel à l’action pour accélérer les progrès vers la réalisation des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le 8 mars, le Mouvement contre le discours de haine invite les jeunes à faire barrage au discours de haine sexiste au moyen d’actions éducatives et de prises de position, en sensibilisant aux incidences du discours sexiste sur les femmes et les hommes, les droits humains et l’égalité entre les femmes et les hommes.

En mars 2016, le séminaire Combattre le discours de haine sexiste a permis aux participantes et participants réuni-e-s à cette occasion de partager des exemples de discours de haine et leurs répercussions sur les femmes, qu’ils s’agisse de femmes politiques, de journalistes ou de  jeunes femmes. Le séminaire était une initiative conjointe de l’Unité pour l’Egalité de genre et du Service de la Jeunesse du Conseil de l’Europe.

Les participant-e-s ont réaffirmé que le discours de haine sexiste, y compris en ligne, a des effets dommageables sur la participation pleine et égale des filles et des femmes dans la société, qu’elles en soient  victimes ou les témoins. Elles/ils ont établi que le discours de haine sexiste sape la liberté d’expression et la liberté de choix et constitue ce faisant un obstacle à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes  et des droits humains.

Les propos sexistes s’appuient sur un discours qui réaffirme les stéréotypes de genre et justifie ainsi la discrimination fondée sur le genre et le sexisme. L’Unité pour l’Egalité de genre a publié une note d’information sur le discours de haine sexiste (en anglais) qui expose en détail les causes et les formes du discours de haine sexiste (pour un résumé des définitions, voir aussi  la fin du présent document).

Différents discours de haine peuvent se combiner et ce faisant amplifier propos de ce type et isoler encore davantage les personnes qui en sont la cible. Les femmes victimes de discrimination multiple, ou « intersectionnelle », sont confrontées à la discrimination ou à la violence à cause de leur sexe, mais aussi parce qu’elles font partie d’un groupe spécifique. Ainsi, les femmes en situation de handicap, lesbiennes, bisexuelles ou transgenres, migrantes (réfugiées, demandeuses d’asile ou sans papier) ou encore qui appartiennent à une minorité religieuse ou sociale particulière peuvent être confrontées à des formes spécifiques de discours de haine sexiste.

Le Conseil de l’Europe a mis en place un solide cadre politique pour lutter contre la discrimination fondée sur le sexe et le discours de haine sexiste, et pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. La Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (STCE n° 210, dite Convention d’Istanbul) intègre des formes de violence à l’encontre des femmes qui relèvent du discours de haine sexiste et couvre aussi le harcèlement et le harcèlement sexuel (articles 34 et 40). L’article 17 fait écho à la nécessité de garantir les droits des femmes et de prévenir les violences à l’encontre des femmes dans le secteur des technologies de l’information et de la communication et dans les médias, où le discours de haine sexiste est très répandu.

Autres documents pertinents du Conseil de l’Europe :

Ces cadres politiques ont incontestablement amélioré le statut juridique des femmes en Europe, mais l’égalité effective est encore loin d’être une réalité. En témoigne le phénomène du discours de haine sexiste, qui continue à se répandre sans remise en cause faute d’être compris comme un obstacle majeur à l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Pour combattre le sexisme et le discours de haine sexiste, trois domaines d’intervention ont été mis en lumière par des initiatives de la société civile et des études présentées lors du séminaire tenu l’année dernière.

  • Une législation d’ensemble, et sa mise en œuvre effective, et notamment :
    • mettre les législations nationales en conformité avec les normes internationales ;
    • former les agent-e-s des services de répression (police, juges, avocat-e-s) afin qu’elles/ils comprennent la gravité de la question et, en se servant des politiques en vigueur, qu’ils poursuivent les auteur-e-s de ces crimes et proposent des réparations aux victimes ;
    • promouvoir des mécanismes permettant de procéder à des signalements en toute sécurité, pour garantir des réparations et des recours ;
    • assurer une surveillance du discours de haine sexiste et collecter des données ;
    • faire en sorte que les responsables politiques prennent  position et dénoncent le discours de haine sexiste.
  • L’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la lutte contre le sexisme et le discours de haine, par exemple :
  • intégrer dans l’enseignement une éducation sexuelle sensible au genre, une éducation à la tolérance et aux droits des femmes, et promouvoir la communication non-violente et la connaissance des médias ;
  • encourager les femmes à participer aux technologies de l’information, par le biais de formations, de mesures, de manifestations ou de hackathlons;
  • encourager l’utilisation des manuels Questions de genre et Connexions, ainsi que d’autres supports éducatifs sur les questions de genre et les droits des femmes ;
  • donner aux femmes, mais aussi aux témoins/spectateurs des violences, hommes et femmes, les moyens de contrer le discours de haine sexiste.
  • Donner une forte visibilité à des discours « alternatifs » positifs sur le genre et l’égalité entre les femmes et les hommes, par exemple :
  • concevoir et diffuser des lignes directrices à destination des journalistes pour une couverture médiatique éthique et sensible aux questions de genre, en coopération avec les organisations de médias ;
  • présenter les femmes de façon réaliste et non stéréotypée, en remettant en cause les stéréotypes liés au genre et les représentations traditionnelles des femmes et hommes dans les médias et dans la société ;
  • promouvoir un langage non sexiste dans les réunions, les formations et les documents ;
  • présenter des modèles de rôle positifs, ainsi que des exemples et des résultats de recherche concluants.

À la lumière du travail de la campagne contre le discours de haine sexiste en 2016, la Journée d’action de cette année visera les objectifs suivants :

  1. sensibiliser à l’ampleur du discours de haine sexiste en Europe au moyen de statistiques, de chiffres, d’articles et d’exemples ;
  2. défendre l’égalité entre les femmes et les hommes et les droits des femmes dans toutes les sphères de la vie, en présentant des exemples de contre-discours positifs et d’autres initiatives promouvant les discours positifs sur le genre et l’égalité entre les femmes et les hommes ;
  3. inviter les femmes et les hommes à se mobiliser pour l’égalité de genre et l’égalité des droits  et les sensibiliser à l’importance de l’égalité pour eux-mêmes et pour la société d’aujourd’hui et de demain ;
  4. échanger des bonnes pratiques et des outils éducatifs pour travailler contre le sexisme, le discours de haine sexiste et la discrimination fondée sur le sexe ;
  5. sensibiliser aux cadres politiques de la lutte contre la discrimination fondée sur le sexe et le discours de haine sexiste, et promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

Actions suggérées 

Hors ligne 

  • Organiser des activités d’éducation aux droits humains sur le discours de haine sexiste et l’égalité entre les femmes et les hommes, en utilisant les manuels Questions de genre et Connexions, ainsi que d’autres ressources.
  • Organiser une réunion conjointe avec des actrices et acteurs de la société civile pour identifier les problèmes auxquels sont confrontées les femmes dans la société et réfléchir à la façon d’y remédier, au moyen d’initiatives susceptibles de :
    • renforcer les actions coordonnées au niveau national ;
    • favoriser la participation de femmes de groupes minoritaires et examiner les préoccupations des femmes confrontées à la discrimination intersectionnelle ;
    • faire participer des femmes politiques et journalistes ;
    • déboucher sur une déclaration commune adressée aux autorités ou au grand public, invitant à mettre un terme au discours de haine sexiste, à la violence basée sur le genre et appelant à l’égalité entre les femmes et les hommes ;
    • déboucher sur des activités de sensibilisation en ligne et hors ligne.
  • Organiser des manifestations de sensibilisation, par exemple :
    • des lieux de parole, pour inviter les passantes et passants à formuler des arguments contre le discours de haine sexiste ;
    • des murs de discussion sur ce qu’il est possible de faire pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes et/ou mettre un terme au discours de haine sexiste ;
    • des expositions « silent witness » (témoins silencieux représentés par des statues) ;
    • une « bibliothèque vivante » animée par des femmes, pour découvrir leurs expériences de la discrimination fondée sur le sexe et du discours de haine sexiste, et la façon dont elles y ont réagi.

En ligne

  • Créer un label « Sexiste ! » à apposer en ligne sur les matériels et dans les sections réservées aux commentaires, pour dénoncer le discours de haine sexiste ;
  • diffuser des contre-discours en réponse aux stéréotypes de genre répandus dans les discours de haine sexistes ;
  • promouvoir les recommandations du séminaire sur la lutte contre le discours de haine sexiste et du séminaire consacré aux questions de genre ;
  • donner de la visibilité à des exemples inspirants qui promeuvent l’égalité entre les femmes et les hommes, des rôles de genre positifs et qui luttent contre le discours de haine sexiste. Par exemple :
  • Remettre en ligne des articles et des ressources de :
    • l’Unité pour l’Egalité de genre, la Division de la Violence à l’égard des femmes, la Division des Roms, le Commissaire aux droits de l’homme, et d’autres organes du Conseil de l’Europe ;
    • le document CEDAW pour la jeunesse ;
    • les partenaires de la campagne, et notamment ceux qui œuvrent contre la discrimination intersectionnelle et le sexisme dans les milieux journalistiques politiques.

Termes et définitions
Provenant de la Note d’information sur le discours de haine sexiste (en anglais) de l’Unité pour l’Egalité de genre du Conseil de l’Europe.

On entend par égalité entre les femmes et les hommes une visibilité, une autonomie, une responsabilité et une participation égales des femmes et des hommes dans toutes les sphères de la vie publique et privée. Elle implique également l’égalité des femmes et des hommes dans l’accès aux ressources et dans la répartition des ressources. L’égalité entre les femmes et les hommes commande d’accepter et de valoriser d’une manière égale les différences inhérentes aux femmes et aux hommes et la diversité des rôles qu’elles/qu’ils jouent dans la société.

Le discours de haine sexiste contre les femmes est souvent qualifié de « discours de haine sexualisé », de « cyberharcèlement fondé sur le genre » ou encore de « cybersexisme ». Humilier et chosifier les femmes, ruiner leur réputation et les rendre vulnérables et craintives sont les buts recherchés. C’est une forme d’humiliation sociale, qui véhicule le message selon lequel les femmes ne seraient pas de véritables êtres humains. Le discours de haine basé sur le genre crée, renforce et perpétue une hiérarchie fondée sur le genre dans les lieux publics.

Les stéréotypes de genre sont des idées préconçues qui assignent arbitrairement aux femmes et aux hommes des rôles déterminés et bornés par leur sexe. Ces stéréotypes peuvent entraver le développement des talents et des capacités naturelles des filles et des garçons, des femmes et des hommes, leurs expériences éducatives et professionnelles ainsi que les possibilités que leur offre la vie en général. Les stéréotypes féminins sont à la fois le résultat et la cause d’attitudes, de valeurs, de normes et de préjugés profondément enracinés à l’égard des femmes. Ils sont utilisés pour justifier et maintenir la domination historique des hommes sur les femmes, ainsi que les comportements sexistes qui empêchent les femmes de progresser.

On entend par sexisme « la supposition, l’opinion ou l’affirmation qu’un sexe est supérieur à l’autre, souvent exprimée dans le contexte de stéréotypes traditionnels concernant les rôles sociaux de sexe, et qui résultent en une discrimination à l’égard des membres du sexe supposé inférieur ». Le sexisme en tant que système de croyances peut conduire à des actes ou des comportements qui violent la dignité de la personne ou instaurent un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou agressif.

 


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