8 January, 2014

L’Alternativa Onlus se mobilise pour l’égalité et la justice

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Claire Uszynski
2 pm

« L’Alternativa Onlus » est une organisation non-gouvernementale basée à Ostia, l’un des quartiers de Rome. L’organisation travaille avec des groupes socialement exclus, en particulier les Roms, les sans-abris et les  travailleurs sexuels. Elle est dirigée par des jeunes dont la plupart a entre 18 et 35 ans.

Valentina AULISO, volontaire pour le Mouvement contre le Discours de Haine, a rencontré Marzia PITIRRA, membre de l’organisation, afin de s’informer sur les crimes et les discours de haine auxquels les jeunes d’Ostia—et en particulier ceux provenant de groupes défavorisés—sont confrontés.

Valentina Auliso : Dans quel domaine votre organisation intervient-elle ?

Marzia Pitirra : Nous sommes une organisation à but non lucratif menant différents projets pour aider les personnes ne bénéficiant que de très peu de ressources. Nous travaillons essentiellement avec des sans-abris et la communauté Rom en Ostia, mais il nous est aussi arrivé de travailler avec des travailleurs sexuels et des toxicomanes.

V.A. : Quel est votre rôle au sein de l’organisation ?

M.P. : Je suis membre actif depuis 2004. Je travaille plus particulièrement avec les sans-abris. Chaque lundi soir, à l’aide d’autres volontaires, nous partons à la rencontre de sans-abris et nous tentons de leur procurer du soutien social et moral, de la nourriture, des couvertures et d’autres produits essentiels. Nous tentons par ailleurs de les informer sur leurs droits et devoirs, notamment sur la santé et les refuges.

V.A. : Que pensez-vous du crime et du discours de haine à Ostia ?

M.P. : Je pense que la haine se manifeste à travers l’indifférence portée aux personnes vivant dans la rue, sans aucun soutien social, bien ou droit. La haine se caractérise aussi par le fait d’avoir conscience de ces anomalies mais de ne pas avoir le courage pour les rectifier.

V.A. : Avez-vous été confrontée à de la violence motivée par la haine ?

M.P. : On devient vite conscient de ces cas de figure quand on travaille avec des personnes en marge de la société. A titre d’exemple, l’année dernière, j’ai assisté les procédures d’inscription dans les écoles pour les enfants Roms. Quelques jours après, ces enfants-là furent insultés verbalement par leurs camarades de classe et ne désirèrent plus y retourner. Autre cas, un vieil homme sans-abri vivait dans une caravane près de la forêt. Une nuit, de jeunes hommes se sont approchés et ont commencé à jeter des pierres sur la caravane. Le vieil homme a eu très peur de cette violence.

V.A. : En général, que faites-vous pour aider les victimes ?

M.P. : Dans le premier cas, nous avons parlé aux enseignants afin de créer des « journées interculturelles » à l’école pour informer et rendre les enfants conscients de l’existence, de la coexistence, et du respect à tenir à l’égard d’autres cultures. Pour le second cas, nous avons informé la police et la municipalité.

V.A. : Bénéficiez-vous de soutien de la part d’autres organisations, d’institutions publiques ou de personnes ?

M.P. : Habituellement, la municipalité, l’église et les organisations locales nous aident. L’aide la plus importante provient néanmoins des personnes mêmes.

V.A. : Quel message adresseriez-vous aux personnes qui n’ont pas conscience de l’existence de ces crimes ?

M.P. : Ne détournez pas le regard mais ouvrez les yeux. Il y a tant de souffrance autour de vous et tant de façons pour faire évoluer les choses.

V.A. : Aimeriez-vous voir les choses changer dans votre communauté afin de prévenir les crimes de haine ?

M.P. : Oui. Je souhaiterais voir changer l’idée commune qu’entretient ma communauté à l’égard des sans-abris, des immigrants et du peuple Rom. Je pense que la meilleure chose à faire est d’améliorer la prise de conscience d’une société interculturelle, au sein de laquelle chacun a une place, peut bénéficier d’une éducation et des services de santé sans être victime de discrimination.

V.A. : Pourquoi pensez-vous qu’il soit important d’informer votre communauté au sujet de ces évènements, et comment les en informer ?

M.P. : Je pense qu’une campagne d’information serait vraiment la meilleure façon de sensibiliser les personnes… du moment que la communauté prend conscience du nombre de crimes qui se produisent autour de nous ; les gens finiront par voir le monde d’une manière différente… et peut-être que la prochaine fois, il sera plus simple d’aider une personne en détresse ou reconnaître une situation de désavantage social.

 


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