21 March, 2014

Le Racisme tue. N’oubliez jamais!

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Claire Uszynski
3 pm

Photo 1 CC JPPar Julian Perdrigeat

Le 21 Mars est la Journée Internationale pour l’Elimination de la Discrimination Raciale. Depuis 1966, ce jour commémore « Sharpeville » et nous n’oublierons pas que le racisme tue.

Sharpeville est une petite ville située en Afrique du Sud. Il n’y a rien de spécial, mis à part un mémorial pour se souvenir du massacre du 21 Mars 1960, où 69 personnes ont été tuées par la police.

C’était pendant l’Apartheid : l’Afrique du Sud était un pays colonisé, où le racisme prédominait : les habitants étaient classés selon leurs « races », définies par rapport à la couleur de la peau et des origines géographiques. En fonction de la « race » auxquelle ils étaient assimilés, ils avaient plus ou moins de droits : les personnes blanches étaient tout en haut de l’échelle, les personnes de couleur étaient au milieu et les personnes noires se retrouvaient tout en bas de l’échelle sociale et économique.

Ils sont morts parce qu’ils voulaient être libérés de l’Apartheid. Ils se sont réunis à Sharpeville pour suivre l’appel de leurs dirigeants et ont brûlés leurs « dom-passes »,  documents utilisés par l’Etat pour limiter le droit de circulation des personnes noires.

A cette époque, les personnes d’origine africaine résidant en Afrique du Sud n’avaient pas le droit de vote, le droit à l’éducation, le droit de voyager, en somme pas de droits ! Ils étaient Photo 3 CC JPdes esclaves dans leur propre pays.

Un millier de personnes s’est réuni au poste de police de Sharpeville pour y brûler leurs « dom-passes ». Ils criaient, chantaient et dansaient quand la police les a abattu. 69 personnes en sont décédées. Beaucoup d’autres furent blessés. Quelques-uns encore ont été touchés en plein dos alors qu’ils s’échappaient.

Thabo est l’un d’entre eux et il n’oubliera jamais. Je l’ai rencontré en 2013, assis devant sa porte à Sharpeville, lorsque que je cherchais des témoins. Il a accepté de me raconter son histoire, mais chez lui. Quand il s’est levé de sa chaise, j’ai vu combien il était difficile pour lui  de marcher vers la porte.

–          « Ca saigne encore.

–          Pardon ?

–          La blessure. Ils n’ont pas retiré la balle, car elle se trouve à côté de la colonne vertébrale, donc après tant d’années, ça saigne encore. »

Quand Thabo m’a raconté son histoire, je me suis rapellé la tuerie sur l’île d’Utøya, à côté d’Oslo : 69 personnes sont décédées le 22 Juillet 2011, tuées par Anders Breivik, un partisan d’extrême droite qui a diffusé sa haine sur Internet avant de commettre son crime.

Après Sharpeville, nous devons garder une leçon en tête : le racisme tue. Et après Utøya, une autre leçon à retenir : Internet est un espace public où le discours de haine doit être combattu parce qu’il conduit à des tueries dans le monde réel. N’oubliez jamais : agissez avec nous.

Photo 5 CC JP                                        Photo 2 CC JP


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