8 January, 2014

PINK Armenia sensibilise le public aux cas de crimes de haine dans le pays

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Claire Uszynski
2 pm

PINK (Public Information and Need of Knowledge « Information Publique et Besoin de Savoir ») Armenia est une organisation non-gouvernementale visant à renforcer la connaissance du public sur les droits à la sexualité et à la santé génésique, sur les infections sexuellement transmissibles, et sur le VIH/SIDA. Au niveau de la protection des Droits de l’Homme, PINK Armenia encourage les idées relatives à l’égalité et à l’acceptation des groupes vulnérables. Nous [PINK Armenia] souhaitons faire accepter et apprécier la diversité dans notre société, en encourageant la sensibilité et la reconnaissance culturelle, et en éliminant toute sorte de discrimination.

Voici quelques exemples de crimes de haine, de violations grossières des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales répertoriés par l’organisation. Par souci de sécurité, les noms des victimes ont été remplacés.

L’incendie criminel du bar D.I.Y.

Le 8 mai 2012, on déclencha un incendie criminel dans un bar nommé D.I.Y. accueillant habituellement une clientèle LGBT, situé au 14/11 rue Ghazar Parpets à Yerevan, en Armenia. Le bar était tenu par Tsomak, elle-même lesbienne, et était un point de rencontre reconnu des membres de la communauté LGBT. Bien avant l’explosion, Tsomak faisait déjà l’objet d’harcèlements, de menaces et de tentatives d’intimidation basés sur son orientation sexuelle et à cause de la place que tenait le D.I.Y. dans la vie de la communauté LGBT en Arménie.

Suite au feu qui causa des dégâts considérables dans le bâtiment (voir photos), une investigation criminelle fut ouverte par la police et deux jeunes hommes d’appartenance nationaliste et fasciste furent inculpés pour dégradation intentionnelle de bien privé selon le Code Pénal arménien. Ce Code ne prévoit néanmoins aucune clause relative aux crimes de haine à des fins de protéger la communauté LGBT. Lors de leurs premiers interrogatoires, les deux jeunes hommes déclarèrent qu’ils avaient causé l’incendie car Tsomak est lesbienne, qu’il n’y a pas de place pour les gens comme elle en Arménie et qu’ils considèrent les membres de la communauté LGBT comme anormaux. Quelques jours plus tard, le bar fut de nouveau attaqué, cette fois-ci par des inconnus qui détruisirent les toilettes, dessinèrent des croix gammées et inscrivirent des menaces sur les murs.

Le soutien des fonctionnaires de l’état pour justifier les attaques

Suite à l’incendie criminel, quelques fonctionnaires de l’Etat arménien et notamment des représentants du parti républicain au pouvoir ainsi que le vice-président du Parlement arménien, firent des annonces publiques en soutien aux fascistes qui attaquèrent le bar, en maintenant que cet acte violent et illégal était « juste et justifiable puisqu’il allait à l’encontre des Arméniens LGBT. […] Les jeunes se comportent selon le contexte de notre idéologie sociétale et nationale, de manière appropriée. Les personnes comme la propriétaire du bar détruisent notre nation ». Cet exemple « classique » de discours de haine est accepté sans encombre par d’autres personnalités étatiques—qui parfois partagent publiquement leur opinion sur le sujet—et par la plupart de la société en général.

Aram, et la peur de dénoncer les agressions homophobes

Après que l’homosexualité d’Aram fut connue d’un groupe de garçons vivant dans le même quartier que lui, il fit l’objet de violences physiques et psychologiques. Traîné de force dans le club Internet le plus proche, il y fut déshabillé, battu et torturé par ces garçons, de manière régulière pendant une certaine période. Par ailleurs, les jeunes hommes proférèrent des insultes dégradantes, diffamatoires et humiliantes à l’encontre d’Aram. Ce dernier refusa que son cas soit rendu public. Il refusa même de traduire ses tortionnaires en justice, par peur de la publicité qui serait faite de son statut, de son orientation sexuelle, et de la réaction du public à son cas.

Quand l’homophobie est plus forte que le Serment d’Hippocrate

Levon, patient d’une structure médicale située à Yerevan, fit l’objet d’un traitement discriminatoire par son docteur, lequel lui prescrit intentionnellement des médicaments inappropriés à ses symptômes car il savait qu’il était homosexuel. De plus, les gélules qu’il lui prescrit obligeaient Levon à se déplacer tous les jours à l’hôpital pour qu’on les lui administre alors qu’il aurait pu les consommer chez lui. Les médicaments eurent des effets négatifs sur la santé de Levon qui décida de ne pas poursuivre le traitement. Il apprit rapidement que les prescriptions du docteur étaient habituellement préconisées dans le traitement des symptômes dont Levon souffrait depuis qu’il les prenait.

Les abus des forces de police

Deux officiers de police approchèrent une travailleuse sexuelle « X », la maltraitèrent en l’insultant et en prononçant des insultes dénigrantes à son encontre. Ils accompagnèrent leurs insultes de pressions physiques avant de la conduire au poste de police le plus proche prétextant devoir la présenter dans un centre médical afin de prévenir la propagation de maladies infectieuses. La femme X resta au poste de police pendant quelques heures, avant d’être conduite dans un centre médical, reconduite au poste, payer une amende et être enfin relâchée. Pendant tout ce laps de temps, elle fut maltraitée et insultée par les officiers de police. Lorsqu’elle commença à protester pour signaler qu’elle ne devait pas être traitée ainsi, un des officiers la frappa deux fois sur la tête en disant « qu’elle le méritait » parce qu’elle était une prostituée.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire le rapport de PINK Armenia ici et/ou contacter Lusine Ghazaryan, avocate pour PINK Armenia et volontaire dans le Mouvement contre le Discours de Haine.

Photos de l’article par Onnik Krikorian. Vous pouvez aussi lire son rapport sur l’incendie du D.I.Y. ici.

 


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